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Postumus

Empereur gaulois - Postumus, les faux monnayeurs

24 x 32 cm, 64 pages, 50 planches BD, cahier pédagogique de 14 pages

par Luccisano et Woehrel , couleur Nathalie Arilla.

A Cologne, au début de l'été 260, le général Postumus est proclamé empereur par les légions du Rhin. Cet "usurpateur" régnera dix ans sur la partie gauloise de l'Empire romain qui prendra le nom d'Empire gaulois.

Au milieu du troisième siècle de notre ère, l'Empire romain traverse la plus grave crise de son histoire. Sur le Rhin, les Francs et les Alamans percent la frontière. En Europe centrale, les Goths envahissent la province de Dacie, puis se jettent sur l’Asie mineure. En orient, les Perses s’emparent de l’Arménie. Mais un malheur n’arrivant jamais seul, la peste se joint aux calamités, décimant soldats et populations. Enfin, au printemps de l'année 260, l'empereur Valérien est capturé et mis à mort par les Perses.

Des cassures politiques apparaissent alors au sein de la construction impériale entrainant avec l'effondrement du pouvoir unique, une dislocation et une fragmentation de l'Empire. Face au pouvoir central représenté par le fils de Valérien, Gallien, les armées des frontières se donnent de nouveaux chefs. Des usurpateurs surgissent ainsi en Orient, dans les provinces de Pannonie et en Occident.

En occident, les armées du Rhin nomment empereur leur général Postumus dont l'autorité est de suite reconnue par les provinces de Gaule, de Bretagne et de Germanie. Cet Empire, qui perdurera une quinzaine d'année, est désigné par l'Histoire sous le nom, d'Empire gaulois.

La tâche n'est pas simple pour Postumus qui doit à la fois restaurer l'économie de ses provinces tout en assurant leur défense face aux poussées barbares et à celles des troupes de Gallien. L'économie, fer de lance du redressement, est justement menacée de l'intérieur par une recrudescence de diffusion de fausse monnaie. Postumus charge alors un enquêteur spécial d'élucider ce problème. 

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Préface

Si l’usage de marier histoire et bande dessinée n’est pas une nouveauté, celle qui consiste à choisir pour cadre de l’intrigue une période aussi mal connue que le IIIe siècle de notre ère et des protagonistes qui ne le sont pas moins est en revanche inhabituelle et même surprenante à bien des égards. Il fallait tout l’enthousiasme de Silvio Luccisano, passionné d’archéologie et d’histoire, fasciné par ses développements et attentif à ses avancées les plus récentes, pour relever le défi et oser se lancer dans la préparation d’un album consacré au règne de Postume et au soi-disant « empire gaulois ». Il faut saluer ce choix d’un scénario se déroulant dans une des époques les plus difficiles à aborder de l’Antiquité, qui vit l’empire romain affronter une de ses plus graves crises. En portant son regard sur un monde très différent de celui d’Agris le Gaulois et de la conquête de la Gaule par César, l’auteur révèle non seulement un esprit foisonnant mais aussi une vrai préoccupation pour familiariser le lecteur amateur avec des évènements trop souvent occultés, peut-être difficiles à comprendre en ce début du XXIe siècle.

J’ai été bien sûr quelque peu surpris quand l’auteur m’a demandé de préfacer cet album. La réponse fut pourtant immédiate, non seulement en raison de mon intérêt personnel pour la BD, mais aussi parce que je vois dans les albums de Silvio Luccisano une autre façon aussi de pratiquer l’archéologie expérimentale, dont la pertinence trouvent un large écho dans le public. La BD historique, genre auquel appartient cet album, prend désormais sa place à côté des nombreux groupes d’archéologie vivante qui s’efforcent de restituer les objets et les cadres de vie du passé, en fondant leur démarche sur une collaboration étroite avec la recherche scientifique et ses spécialistes. Dans ce domaine, la BD offre également de puissantes possibilités, pour autant que sa réalisation s’engage à respecter l’authenticité de la restitution et à refuser tout anachronisme. De telles exigences impliquent de se soumettre à des contraintes fortes, car le scénario d’une BD détermine inévitablement une unité de temps, de lieu et d’action plus serrée que pour un groupe d’archéologie vivante. Autant il est relativement facile pour un spécialiste de décrire telle ou telle pièce d’équipement à telle ou telle époque, autant il est plus délicat de le faire à une date précise, comme c’est le cas dans cet album dont l’action se déroule entre le début de l’été 260 et l’été 266. Difficile entreprise car il ne faut pas perdre de vue qu’il faut composer avec le dessinateur pour effectuer les innombrables reprises et modifications qu’entraînent l’analyse méticuleuse de chaque crayonné. Il me semble toutefois que les avantages l’emportent sur les inconvénients, à un moment où se manifeste un regain d’intérêt pour les périodes éloignées de notre histoire et où le public manifeste son attrait pour un genre qui a quitté depuis longtemps la sphère de la littérature enfantine.

La trame de l’album entremêle deux fils très différents et pourtant étroitement liés, l’usurpation du pouvoir impérial au printemps 260 par un général romain d’origine gauloise, Postume, commandant des troupes romaines combattant sur la frontière rhénane, et la description de l’impressionnante éruption de faux monnayage qui se manifesta un peu partout dans l’empire romain dans la seconde moitié du IIIe siècle de notre ère. Au fil de l’intrigue, le lecteur suivra le déroulement de l’histoire politique et militaire de la partie occidentale de l’empire romain, menacée par des dangers multiples, pour partie extérieurs (les mémorables invasions germaniques), mais aussi, et davantage encore, intérieurs. Le moindre de ces périls n’était sans doute pas l’impuissance de l’Etat à faire face aux crises et à maîtriser les forces centripètes qui tentaient de s’arroger le pouvoir suprême, quitte à provoquer des guerres civiles dont les principales victimes étaient avant tout les populations de l’empire. Comme souvent dans les périodes de crises, l’« Empire gaulois » fondé par Postume apparaît autant comme une initiative destinée à sauvegarder les provinces occidentales des menaces extérieures que comme une réaction de repli sur ses propres forces, quitte à s’accommoder d’une division de l’unité impériale et à entraîner des combats fratricides contre l’empereur légitime. Que dans un contexte si troublé certains aient trouvé l’opportunité de s’enrichir à bon compte n’est pas surprenant. La fabrication de fausse monnaie marque profondément l’époque et le pays de son empreinte. Entre les empereurs « officiels » et les « usurpateurs », frappant chacun leur monnayage à leur usage dans les régions sous leur contrôle, et les faussaires profitant de la situation, on mesure toute la difficulté qu’il pouvait y avoir pour contrôler la circulation monétaire dans les provinces et les régions de l’empire.

Le scénario est fondé sur des faits véridiques, révélés par les travaux les plus récents des historiens et des archéologues. L’auteur a été tout particulièrement inspiré par les fouilles et les recherches archéologiques conduites depuis plusieurs années à Châteaubleau, un modeste petit village du département de Seine-et-Marne, qui, à l’époque du héros de l’album, Lucius Pollio, était une agglomération et un sanctuaire d’une certaine importance à la limite nord de la cité des Sénons. L’intérêt du canevas est de faire le lien entre la grande histoire et la recherche archéologique la plus récente tout en faisant revivre quelques-uns des évènements notables qui ont marqués ce site sous le règne des empereurs « gaulois ».

Suivant la méthode privilégiée de l’auteur, un solide dossier documentaire a précédé la réalisation de l’album. Sa constitution impliquait un réel défi, les changements qui s’opèrent durant le IIIe siècle dans bien des domaines de la vie quotidienne expliquent la nécessité de certains choix qui peuvent paraître peu familiers. Mais l’auteur pouvait disposer aussi de quelques dossiers récents et bien fournis de l’archéologie, qu’il intègre intelligemment dans son script, tels l’inscription de l’autel d’Augsburg, les fouilles de Châteaubleau ou le dépôt de Neupotz. Quand on remarque la grande ressemblance entre le visage de l’empereur dessiné par Jean-Marie Woehrel dans l’album et les portraits figurant sur ses monnaies, le personnage devient terriblement familier.

Je suis certain que cet album, qui parvient à redonner vie à une période si mouvementée de l’histoire de la Gaule, trouvera un public intéressé, qui en redemandera. Une belle réussite, donc, qu’il faut saluer en souhaitant le succès à Lucius Pollio autant qu’à ses auteurs.

Fait à Attichy, le 1 décembre 2012
Paul Van Ossel
 Professeur d’archéologie, Université Paris Ouest – Nanterre – La Défense, UMR 7041 ArScAn (équipe « Gaule et Monde antique »).

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isbn 978-2-35890-007-2, ean 9782358900072, dewey 936.402

dépot Légal Mai 2013

 

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