Série sur les Vikings en 5 tomes qui peuvent se lire en "One shot"

Afin de dissocier le côté aventure des albums de la partie culturelle (pour permettre au public non porté sur le culturel d'accéder plus facilement aux albums, chaque tome se lisant comme un album "aventure"), les préfaces de cette série ont été insérées dans cet onglet...

SVEIN TOME 1 - L'Initiation 


Préface

Les Vikings ont de tous temps frappé les imaginations : ils ont terrorisé leurs propres contemporains, fasciné les générations romantiques qui, au XIXe siècle, ont vanté leurs hauts faits, et nous savons aujourd'hui que, loin d'être les barbares dont les moines nous ont laissé l'image dans leurs chroniques, les Vikings étaient le produit d'une société cultivée et fort bien structurée. Norvégiens

et Danois se sont lancés à l'assaut de l'Europe occidentale, avides de butin ou de nouvelles terres : les îles britanniques en ont fait les frais, ainsi que l'ex-empire carolingien, morcelé et affaibli après la mort de Charlemagne. Les manuels d'histoire de France passent rapidement sur ces événements qui en ont pourtant bouleversé le cours : les Vikings ont occupé la Bretagne et fondé le Duché de Normandie.

Leurs exploits ont inspiré toutes sortes de littérature, et la bande dessinée y a aussi largement puisé. Par le biais d'un héros fictif, Svein, le présent album retrace quelques grands moments de l'épopée viking en apportant le plus grand soin à la reconstitution historique. Les moindres détails des bâtiments, des navires, des armes, des vêtements, on été passés au crible, et la trame même de l'histoire repose sur des sources sûres" Certes, les documents divergent parfois et un choix s'est alors imposé entre plusieurs situations inconciliables. En outre, à l'occasion, on a voulu laisser parler la légende lorsque celle-ci est connue et ancrée de longue date.

Cet album sera suivi d'un second où apparaîtra enfin Hasting (Hástein), le chef viking le plus redouté des moines francs qui n'en finissaient pas de décrire l'audace, la ruse ou la soif de sang de celui qu'ils considéraient presque comme venu tout droit des enfers. Cette "saga" en bande dessinée qui lui est consacrée, a les deux principaux atouts des anciennes sagas islandaises : elle est à la fois histoire et divertissement.

Jean Renaud
Université de Caen
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SVEIN TOME 2 -Méditerranée

Préface

Il faut saluer l’entreprise d’Eriamel presque à l’égal des équipées que menèrent les Normands, à des milliers de kilomètres de leurs rivages familiers, jusqu’aux eaux chaudes du détroit de Gibraltar et de la Méditerranée. Il est à peine mois difficile aujourd’hui de restituer les traces de ces odyssées qu’il ne fut pour eux de les concevoir et de les mener à bien.

 Chrétiens ou Musulmans, les peuples sédentaires victimes de leur assaut, sans aucun doute sanglants et destructeurs, n’ont vu dans ces guerriers sortis de l’océan – c’est à dire du néant – que des barbares sans foi , ni loi, ni pensée, ni projet. Les Madjous (Païens), comme les nommaient les Arabes, ne relevaient pas plus de l’explication que l’épidémie ou les sauterelles. Les meilleurs esprits, les chroniqueurs les plus précis, s’inclinaient devant cet incompréhensible fléau de Dieu, et passaient outre, faute de savoir prêter aux vikings des sentiments humains.

Nous savons, nous, que ces « barbares » élaboraient alors leurs merveilleuses sagas, qu’ils vivaient, aimaient, craignaient, comme ceux qu’ils attaquaient, ils avaient plus d’audace et d’intensité peut être.

Ce sont ces sentiments qu’Eriamel veut leur rendre. Avec une méticulosité d’historien et une passion d’amant, il a habilement exploré les diverses sources en sa possession (franques, galiciennes, musulmanes, andalouses, irlandaises) tout en exploitant la légende du siège de Luna, pour laisser un vent d’aventure suivre Svein, le héros.

Puisse cette recherche fervente et courageuse, admirablement reconstituée par le trait précis de Jean Marie Woehrel, trouver le vaste public qu’elle mérite.

Gabriel Martinez-Gros
Université de Rouen

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SVEIN TOME 3 - Pépin d'Aquitaine

préface :

C’est pour moi un grand plaisir d’avoir été invité par ses auteurs à préfacer le troisième album des aventures de Svein, et c’est l’occasion pour moi d‘évoquer d’excellents souvenirs, demeurés très présents en ma mémoire.

Ainsi ma première rencontre avec Thierry Lemaire, qui allait devenir bientôt Eriamel, au début de 1990. C’était à Rouen, au Musée des Antiquités de la Seine-Maritime, dont j’étais alors Conservateur - Directeur. Avec un enthousiasme communicatif, Thierry m’exposa son projet de saga scandinave en BD, me montrant bientôt les premières planches de Darvil. D’emblée, il m’expliqua que cette fiction se déroulerait selon une trame historique irréprochable, et ferait appel aux connaissances archéologiques les plus actuelles pour la mise en place du décor.

C’est ainsi que je mis en contact Thierry Lemaire avec Jean Renaud, Professeur à l’Université de Caen et spécialiste incontesté de langue, littérature et civilisation scandinave, avec qui j’avais été moi-même amené à collaborer, d’un point de vue archéologique, lors de la préparation de son livre sur Les Vikings et la Normandie (1989). La saga de Svein fut donc placée sous les meilleurs auspices historiques dès ses débuts.

Pour ma part, je fus amené, dès notre première rencontre, puis à maintes reprises, toujours poursuivi par des appels aussi pressants qu’amicaux, à devoir répondre à d’innombrables interrogations documentaires. A vrai dire, j’avais déjà l’habitude de ce genre de collaboration, ayant en tant qu’auteur, documenté plusieurs ouvrages illustrés pour la jeunesse, mais centrés sur les temps barbares et l’époque mérovingienne, qui sont ma spécialité. Qu’il s’agisse du monde scandinave ou de la Francia carolingienne, il me fallut donc à chaque fois tenter de répondre le plus précisément possible aux innombrables demandes pertinentes du scénariste et de l’illustrateur, tant pour les costumes, l’armement, les bijoux et les bateaux, que pour les habitats, le mobilier ou bien les monuments civils et religieux. Sans compter les documents rassemblés par les auteurs eux-mêmes, au fur et à mesure de contacts multiples et fructueux avec d’autres spécialistes et amateurs passionnés du monde viking.

Le troisième volume de la saga de Svein qui, d’une escale mouvementée chez les Maures d’Espagne, le mêle aux aventures réelles de Pépin II d’Aquitaine, témoigne, si besoin était, de la maturité des auteurs et de l’exceptionnelle qualité du trait de Jean-Marie Woehrel, puisque  cette BD historique, au sens plein du terme, tient compte, non seulement des sources écrites de l’époque, mais aussi des données archéologiques les plus récentes. Bien plus, on ne manquera pas d’être séduit par le rêve de Svein qui, à l’issue d’un convivium bien arrosé dans l’île d’Her, à l’automne de 862, sert de prétexte à une évocation particulièrement réussie de la mythologie scandinave.

                        Patrick Périn
                        Directeur du Musée des Antiquités nationales
                        Château de Saint-Germain-en-Laye
                        Professeur associé à l’Université de Paris I-Panthéon-Sorbonne

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MOI SVEIN tome 4 - Robert le Fort

préface

Bien qu’il n’entre guère dans mes habitudes de vanter les bandes dessinées, force m’est de dire que celles-ci méritent l’attention. D’abord, mais on le sait puisque voici le quatrième numéro de la série, pour la qualité du dessin, la finesse du trait et la précision de l’approche. Ensuite, et surtout, parce que, chose très rare dans ce domaine, les auteurs ont tenu à s’entourer de toutes les garanties scientifiques et techniques qui, à mon sens, devraient, par définition, régir ce sujet. On ne répétera jamais assez que ce ne sont pas les documents écrits, les prétendus témoignages des contemporains apeurés ou pusillanimes (des clercs surtout, premières victimes des Vikings) ou d’observateurs étrangers incompétents qui devraient nous retenir, mais

bien, d’une part, l’étude attentive et humble des techniques. Pas uniquement matérielles, d’ailleurs : si le bateau (ou knörr, mais jamais, de grâce, drakkar), cette pure merveille, aura été la condition sine qua non de la réussite viking, sorte d’arme absolue pour l’époque et bien digne, en effet d’inspirer la terreur, le phénomène

dans son ensemble n’aurait pu voir le jour s’il n’avait été sous-tendu par une culture, une civilisation qui soutiennent la comparaison avec les grandes. Organisation, sens de l’administration, juste répartition des tâches, admirable sens communautaire ou, au moins collectiviste, il n’en aura pas fallu davantage pour que cette poignée d’hommes et de femmes ait tenu le devant de la scène européenne pendant deux siècles et demi (800-1050).

 N’oublions jamais non plus que ces scandinaves étaient depuis des siècles des commerçants de premier ordre, parfaitement équipés et organisés pour cette activité, qu’un étonnant concours de circonstances (délabrement de l’Empire carolingien, irruption des Arabes) aura incités à tenir le rôle soue lequel nous voulons, à tort, les voir exclusivement. Mais ils n’ont été pillards que là où ce fut praticable et lorsque ce fut possible. Pour le reste, tous nos documents établissent que l’appât du lucre était leur premier incitateur et donc, qu’il ne faut pas outrer leurs possibles actions « héroïques ». Au demeurant, partout où ils l’ont pu (Normandie

mais aussi Angleterre, Irlande, Islande, Groenland et même cette Russie qu’ils ont fondée), ils se sont établis à demeure…

Cela dit, qui ne cherche pas à déprécier « les fiers enfants du Nord »,  mais entend les replacer sous un juste éclairage, il reste que ces Nordiques ont illustré avec éclat un sens de l’aventure et de l’entreprise qui aura fait d’eux, avec un millénaire d’avance, les premiers Européens, et que si nous tenons à les admirer, ce devrait être premièrement pour leur énergie, leur volonté d’assumer leur destin et un amour de la vie (un vouloir-vivre comme nous disons aujourd’hui) qui, eux, peuvent fort bien garder valeur d’exemples !

Régis BOYER
professeur émérite à l’Université de Paris-IV-Sorbonne
fondateur de l’Institut d’Etudes scandinaves en la même université.

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MOI SVEIN tome 5 - L'Aigle de Sang
 

Les faits relatés par la Chronique anglo-saxonne sont sans ambiguïté : une « grande armée de païens » débarque en Est-Anglie en 866 et, l’année suivante, chevauche vers le nord de l’Angleterre et pénètre dans York. La Northumbrie est alors en proie à la guerre civile, le roi Osbert a été déposé et remplacé par Ælla : mais les deux rois rivaux s’allient pour reprendre la ville aux Vikings, en vain, ils périssent ensemble au combat.

À partir de ce contexte historique s’est forgée très tôt une tradition mettant en scène le fascinant Viking danois Ragnar aux braies velues ainsi que ses fils non moins remarquables.

  En attribuant à Ella la mort de leur père dans une fosse aux serpents, la vengeance devenait le motif de leur invasion de l’Angleterre. L’intérêt littéraire porté à Ragnar s’est alors développé de concert avec celui que suscitaient les exploits guerriers d’Ívar sans os, Björn flanc de fer ou encore Sigurd serpent dans l’œil. Cette tradition a dû voir le jour parmi les colons scandinaves de Northumbrie : elle leur permettait, selon toute évidence, de fournir une explication acceptable de la fondation du royaume viking d’York et de s'assurer une certaine légitimité sur les terres conquises d’Angleterre.

J’invite le lecteur à découvrir ces nouvelles aventures de Svein qui reposent en partie sur cette tradition haute en couleur: Ragnar sur le point de succomber à la morsure des serpents et qui mourra « en riant », heureux de rejoindre les guerriers d’Odin au Walhalla – et Ívar faisant subir au roi Ella, en offrande à Odin, le supplice de l’aigle de sang qui consiste à exciser le dos pour extraire les poumons et les déployer comme des ailes…(J.Renaud, université de Caen)


 

préface

En 1992 paraissait le premier album de cette série à la réalisation de laquelle j’avais très volontiers accepté de participer. On y découvrait l’univers des anciens Scandinaves et le jeune Svein, héros fictif qui, au fil des trois tomes suivants, allait se trouver mêlé à plusieurs grands moments de l’épopée viking aux côtés de chefs historiquement attestés, notamment le célèbre et redouté Hasting (Hástein).

Après une longue expédition en Méditerranée (859-862), une alliance inattendue avec Pépin II d’Aquitaine (864) et des exactions en pays de Loire, culminant par la mort de Robert le Fort à Brissarthe (866), les aventures de Svein au cours de ce cinquième album l’emmènent outre-Manche, à la conquête de l’Angleterre. Or de même qu’au tome 2 la prise légendaire de Luna par les Vikings avait été adaptée pour la BD, de même le présent tome 5 fait la part belle à la légende qui entoure la prise d’York.

En effet, les faits relatés par la Chronique anglo-saxonne sont sans ambiguïté : une « grande armée de païens » débarque en Est-Anglie en 866 et, l’année suivante, chevauche vers le nord de l’Angleterre et pénètre dans York. La Northumbrie est alors en proie à la guerre civile, le roi Osbert a été déposé et remplacé par Ælla : mais les deux rois rivaux s’allient pour reprendre la ville aux Vikings, en vain, ils périssent ensemble au combat. La Chronique n’indique pas les noms des chefs scandinaves qui se soumettent la Northumbrie, mais mentionne en 870 « Hingwar et Hubba », qui tuent de sang-froid le roi Edmund d’Est-Anglie.

À partir de ce contexte historique s’est forgée très tôt une tradition mettant en scène le fascinant Viking danois Ragnar aux braies velues, quasi-légendaire, ainsi que ses fils non moins remarquables : en faisant d’Hingwar (Ívar) et Hubba (Ubbi) deux des fils de Ragnar, et en attribuant à Ælla (Ella) la mort de leur père dans une fosse aux serpents, la vengeance devenait le motif de leur invasion de l’Angleterre. L’intérêt littéraire porté à Ragnar (Saga de Ragnar aux braies velues, Chant de Kráka) s’est alors développé de concert avec celui que suscitaient les exploits guerriers d’Ívar sans os, Björn flanc de fer ou encore Sigurd serpent dans l’œil (Dit des fils de Ragnar). Cette tradition a dû voir le jour parmi les colons scandinaves de Northumbrie : elle leur permettait, selon toute évidence, de fournir une explication acceptable de la fondation du royaume viking d’York et du meurtre du roi Edmund, et de s’assurer une certaine légitimité sur les terres conquises d’Angleterre.

J’invite donc le lecteur à découvrir ces nouvelles aventures de Svein qui reposent en partie sur cette tradition haute en couleur, dont les Romantiques, au XIXe siècle, n’ont pas manqué d’accentuer certains temps forts qui continuent de hanter notre imagination : Ragnar sur le point de succomber à la morsure des serpents et qui mourra « en riant », heureux de rejoindre les guerriers d’Odin au Walhalla – et Ívar faisant subir au roi Ella, en offrande à Odin, le supplice de l’aigle de sang qui consiste à exciser le dos pour extraire les poumons et les déployer comme des ailes…

Jean RENAUD
Professeur à l'Université de Caen

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